Nos principales orientations syndicales

Défense de la pluralité de nos références théoriques

 

Chaque profession a besoin d’un cadre social et juridique à l’intérieur duquel l’activité peut se déployer. Mais la tentation est grande pour les instances de vouloir maîtriser et prévoir la pertinence et l’efficacité des différentes activités humaines.

Ces priorités comptables et gestionnaires aboutissent à des conceptions réductrices du langage et de la prise en charge de ses troubles.

La FOF a toujours opté pour un exercice professionnel responsable : l’orthophoniste sait répondre de ses actes et de ses choix sur un autre plan que celui de la seule quantification.

La liberté de se référer à la théorie et de penser la pratique clinique dans le domaine des pathologies du langage est de plus en plus limitée par une référence exclusive au neuro-cognitivisme, niant l’apport des sciences humaines.

Le contenu de notre mission est transformé, passant de la prise en compte du sujet souffrant à une visée normative et réductrice, sous le poids des contraintes comptables et budgétaires. Le sens même des soins en orthophonie est menacé.

Après le Manifeste pour une orthophonie de soin, la FOF et les associations qui l’ont soutenu ont rédigé en 2004 une actualisation de ce texte : Quels soins demain en orthophonie ?.

La FOF a également réagi à l’expertise de l’INSERM sur la dyslexie, la dysorthographie et la dyscalculie en 2007, ainsi qu’au projet de dépistage systématique précoce de la surdité en 2008*.

 

Défense de tous les modes d’exercice

 

On assiste actuellement à une mise en cause de postes salariés, jugés trop coûteux dans la fonction publique comme dans le secteur médico-social. Cette mise en cause ira en s’aggravant avec l’extension de la tarification à l’activité dans les hôpitaux et les critères de plus en plus uniquement comptables des évaluations et projets de fonctionnement en cours dans le médico-social.

Pourtant, dans la plupart des services, la pression des demandes  est importante.

La pratique institutionnelle est indispensable pour certaines pathologies, grâce à son cadre, par la réflexion clinique interdisciplinaire et l’expérience de l’orthophoniste dans son domaine d’intervention.

C’est pourquoi la FOF défend le maintien et le développement des postes dans tous les domaines de consultation, y compris en gériatrie. Elle fait reconnaître la spécificité du travail salarié.

Pour les libéraux, la FOF a soutenu  la non-signature des contrats de bonne pratique et s’est opposée à la publication de listes de professionnels les ayant signés.

Elle reste bien entendu attachée à notre système conventionnel, qui risque d’être progressivement morcelé avec la mise en place des Agences Régionales de Santé et la réorganisation des politiques de santé prévue par la loi HPST.

Elle s’inquiète des discussions autour de référentiels fixant un nombre d’actes par pathologie, tels qu’ils ont déjà été mis en place pour les kinés dans la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2009.

 

Défense d’une formation initiale de qualité et d’une formation continue diversifiée

 

La formation initiale doit permettre d’aborder les différents champs des savoirs  tant en ce qui concerne les conditions d’entrée dans le langage que le maniement de la langue orale et écrite. L’abord de ces connaissances doit viser à  appréhender l’évolution des courants de pensée, leur histoire et leurs avancées contemporaines.

L’orthophoniste fonde sa pratique sur la prise en compte des multiples dimensions du concept du langage, de la langue et de la parole.

A partir d’un socle de références communes, il développe et fait évoluer son exercice professionnel en intégrant les différents fondements et théories servant de base à la pratique de l’orthophonie. Il s’attache à rétablir un rapport confiant à la langue, confiance qui a pu être mise à mal au cours du développement global du patient, ou suite à des pathologies.

La FOF considère que la finalité de la Formation initiale n’est pas de former des futurs professionnels « prêts à l’emploi ». Faire croire qu’il existe des modèles de pratique est une illusion qui, au contact des patients, risque de devenir une « désillusion ». Un des enjeux de la formation initiale consiste à promouvoir une curiosité face à la complexité des troubles du langage, et à ne pas enfermer les futurs orthophonistes dans des certitudes ou des savoirs figés.

 La FOF participe actuellement aux réunions ministérielles pour la réingéniérie du certificat de capacité d'orthophoniste et transmet aux Ministères ( de la Santé et des Enseignements Supérieurs) et aux centres de formation ses grandes options : une conception des études où s'articulent connaissances théoriques, référées aux différents courants qui participent à l'élaboration des savoirs dans les champs qui  concernent le langage, réflexion  sur la relation de soin, la clinique et l'appropriation des diverses pratiques professionnelles. Des axes de travail sont développés tels que :

-       la place de la science dans notre pratique, thème des journées d'étude 2008 dont vous pouvez commander les Actes.

-       l'incidence et les effets du diagnostic dans le travail clinique orthophonique (publication : Actes des journées d'étude 2006 sur le bilan et  journées d'étude 17 et 18 Septembre 2010)

-       l'importance du lien entre théorie et pratique pour les étudiants, stagiaires et jeunes diplômés

En 2008-2009, la FOF a oeuvré afin que les stages en orthophonie ne soient pas soumis à gratification, en insistant sur la spécificité de ces stages et la fonction de transmission assurée par les maîtres de stage.*

En ce qui concerne la développement professionnel continu (DPC)*, conventionnelle ou non, la FOF soutient également la nécessité de la prise en compte des différents champs du langage.

 

Nous entendons défendre la spécificité pluridisciplinaire de notre métier d’orthophoniste, la diversité des orientations de recherche et de méthode de travail. Nous souhaitons voir se mettre en place les formations qu’impliquent l’évolution et l’adaptation de notre profession.

Les formations conventionnelles doivent être ouvertes à tous les courants de recherche.